L'Hôpital le plus haut du Monde ...

L'abri du Père Rajon, l'Hôpital le plus haut du Monde

Après deux jours de tempête, une partie du groupe se rassemble autour de l'abri du Père Rajon pour bavarder et faire un brin de toilette

Après n'avoir mangé pendant deux jours que trois sucres et deux biscuits, Noël Monod et Paul Petersen sont heureux de leur prise... Ce mouton et d'autres ont quitté le troupeau. En effet, n'étant pas habitués au bruit des armes, les bêtes s'enfuient vers les sommets, n'obéissant qu'à leur instinct ... et ceci pour le bonheur de nos rescapés. Bien qu'ayant l'habitude de larguer des bombes de plusieurs tonnes sur l'Allemagne depuis le bombardier B24, ni Ray Swedzinski, ni Ted Turbak, ni Marwin Wycoff, pas plus qu'aucun des autres américains ne fut volontaire pour mettre à mort ce mouton... C'est ce brave maquisard qui s'acquitta de cette besogne, indispensable pour la survie du groupe. Nos amis US ont cependant un léger sourire à la pensée d'un mieux dans l'ordinaire.

Enfin on mange ! Ce n'est pas raffiné mais mieux que rien.
Après avoir récupéré, 600 mètres plus bas quelques planches des chalets de l'Alpette, on descendit un peu plus en aval du déversoir du Lac pour faire du feu. Pour éviter de se faire repérer, la fumée se confondait avec le courant d'air du ruisseau et la turbulence de l'eau.
Les blessés s'occupent à pétrir la pâte, confectionner des galettes qui cuiront dans la graisse de mouton. Cette préparation indigeste ne causera aucun malaise à qui que ce soit. La viande cuite sera meilleure que crue... Mais depuis, aucun de nos Américains n'a "re" mangé de mouton.

Le panorama : Abri Père Rajon - Lac la Fare - Les Grandes Rousses et Pic de l'Etendard.

L'abri du Père Rajon a été reconstruit sur sa base d'origine, aux mêmes dimensions, dans le même style au bord du lac de la Fare. C'est dans ce désert de rocs et de glace que les blessés et Maquisards ont vécus, seuls.
Chacun a construit son bivouac avec le pierrier au-dessus du lac.
A noter qu'en 1944, le glacier des Grande Rousses descendait au niveau 2.900 m. La chaîne qui domine fait apparaître les arêtes partant du Pic Beyle à l'Etendard (3464 m).
On peut quitter le Lac de la Fare mais on connaîtra encore des aventures dangereuses avant la Libération.

L'équipage de nos Américains quitte le refuge du Père Rajon : épopée pendant laquelle ils ont connu la peur, l'extrême fatigue, le froid, la faim... mais ils ont été, grâce à leur courage, leur vingt ans et leur détermination d'une efficacité incroyable dans cette odyssée qui ne connaître de fin qu'à la Libération.